L'architecture

En l'observant, le château de Créminil, blotti au fond de la vallée de la Lacquette (affluent de la Lys qui coule toujours de nos jours paisblement au fond du parc) vous racontera son histoire riche de six siècles.

 

Oublions le XXIème siècle. Nous sommes de retour au XVème siècle, un premier pont-levis (à l'emplacement de la grille actuelle) vous a permis de franchir la première ceinture de douves et de pénétrer dans la basse-cour: chevaux, cochons, volailles diverses..... vivent au milieu des gens qui s'affairent. Au centre le"manoir de craie" (crasmainil en vieux français) émergeant de l'eau, dresse fièrement tours et échauguettes.

 

 

De forme circulaire, le château s'inscrit dans un polygone irrégulier à douze côtés.

Les bâtiments sont renforcés aux angles par des tours, des tourelles en encorbellement et des contreforts. Les courtines sont renforcées aux angles par des tours, tourelles et contreforts portant des échauguettes.

Les murs en pierre blanche d'une épisseur de 80 à 120cm, reposent sur un soubassement en damier (alternance de grès et de silex) ou de grès uniquement.

Le seul accès au château est un pont dormant suivi d'un pont levis(pont à bascule référencé dans l'encyclopédie médiévale de Violet le Duc).

Cet ensemble en bois a été retauré en 2005. Il franchit une douve large de 8 à 12 mètres, alimentée par des sources, elle est très poisonneuse.

L'entrée est prise entre deux fortes tourelles coiffées de poivrières.

La porte d'accès du XV ème siècle a été réparée et s'ouvre sous une arcade en tiers point, entre les deux tours. Elle a gardé son heurtoir de l'époque quant à son judas, ayant irrémédiablement subi les outrages du temps, il a été refait à l'dentique.

 

Ainsi vous entrer dans la cour intérieure, largement éclairée, des trois côtés au midi, remplacés par une terrasse bordée de balustres de pierre.

Tout  contribue à donner au paysage sorti tout droit d'un conte de fée une irréalité propice à la méditation. Les façades des bâtiments, peu remaniées à l'extérieur, ont été à l'intérieur reconstruites à l'équerre au XVIII ème, en assises alternées de brique et de craie.

Si ces transformations ne peuvent être datées de façon certaine, elles sont attribuées à la fin du XVIII ème siècle, un plan des années 1760 présentant encore le château dans sa forme circulaire complète ( un temps où les seigneurs recherchaient l'agréable à la conception utile contre un siège en règle).

 

Après avoir observé la grande cheminée de briques à encadrement de pierre qui rappelle que le XVII ème siècle s'est inscrit dans l'architecture du château, empruntez le sentier qui longue la douve. Les meurtrières (archère, canonnière, arbalétrière, à pelleou à étrier) témoignent du passé défensif de l'édifice.

Chemin faisant, vous vivez l'histoire du lieu à travers l'évolution du bâtiment, des fenêtres furent percées au XVII ème et XVIII ème siècle pour faire entrer la lumière et gommer l'austérité de la forteresse.

Le château devint une maison de plaisance.

La cuisine au sous-sol et les caves ont conservé leurs dispositions d'origine, tandis que les autres pièces ont été modifiées au XVIII ème et XIX ème siècle.

A l'intérieur, les pièces sont habillées de boiseries, cheminées en marbre et mobilier du XIX ème siècle.

On découvrira également dans la partie gauche des bâtiments l'ancienne chapelle dans laquelle, sous l'autel, une trappe permet d'accéder à une cave voutée à laquelle certains esprits immaginatifs ont donné le nom d'oubliette.

Le château de Créminil, édifice de grand charme, est un bon exemple d'ouvrages fortifiés qui se multiplièrent pendant la guerre de cent ans. Point d'appui destiné à procurer un refuge face à des bandes armées, il aurait été incapable de résister à une troupe organisée encore moins à un siège.


Plan d'accès