Une page d'histoire

 

 

 

 

Dès le XIIIème siècle, Nicolas de Crasmainil est mentionné dans une charte de Liettres (village voisin) et 1329 voit le fief de Raoul de Cros-Maisnil demourré en la main de Madame la Comtesse par deffaut d'omme c'est à dire retourné à notre énergique Comtesse Mahaut d'Artois, en absence de descendance mâle.

 

En 1443; Jean le May, seigneur de Cresmesnil reçoit du serrurier Jean de Bailleul, le prix d'une amende, acquittée sous forme de la livraison de plusieurs milliers de clous, lesquels cleux furent convertis et emploiez en la maison qu'on dist de Craismisnil, appartenant audit Le May. La fourniture d'une telle quantité de clous ne peut s'expliquer que par d'importants travaux de charpente ou de menuiserie, marquant très probablement l'achèvement de la construction du château, qui dut être en grande partie restauré après les ravages commis par les troupes au XVI ème siècle.

 

Hugues de Buleux, nommé seigneur de Craismesnil au lendemain de la trêve de Bomy, siège au Conseil de la régente des Pays Bas. Ce personnage important, grand bailli d'Aire de 1540 à 1545 vit son château de Tresmaisnil être incendié en 1543 par les Français. Passé à son fils Philippe, le manoir fut à nouveau arsiné en 1558.

 

Réparé sommairement, il est une nouvelle fois saccagé par les Français en 1642. L'édifice doit être en très mauvais état lorsqu'en 1677, Antoine de Wignacourt décide de s'en défaire au profit de ses fermiers, Jean Dehestru et Anne Blondel.

 

En 1680 (1687 ?) à l'issue d'un procès relatif au paiement des droits féodaux, la seigneurie de Créminil est acquise par Antoine-François Le Merchier, nommé en 1678, au conseil d'Artois après s'être rallié à Louis XIV.

 

Durant le guerre du Succession d'Espagne lors du siège de Lille (1708), le 2 septembre 1708, le prince Eugène de Savoie-Carignan porta deux colonnes de son armée vers Estrée-Blanche et une autre colonne sous la conduite du Duc de Malborough se dirigea vers Divion. Le duc de Malborough aurait même campé à Estrée-Blanche le 21 juillet 1708.

 

Jean-Louis Le Merchier, petit fils de Antoine-François Le Merchier, lieutenant d'infanterie, reçoit en 1783 des lettres de chevalerie héréditaire. Trois ans plus tard le titre de comte lui est accordé, sans affectation de terres. A sa mort en 1791 le comte de Créminil fut inhumé à Estrée-Blanche.

 

Son fils ainé François-Valentin Le Merchier de Créminil, chevalier, capitaine au régiment Royal Roussillon cavalerie, écuier de main ordinaire de Madame (belle soeur du Roi Louis XVI) hérite du domaine. Acquéreur en 1783 de la terre de Moringhem qui lui permet de sièger aux Etats d'Artois, il s'en défait lorsqu'il entre au service de la comtesse de Provence, épouse du futur Louis XVIII. La révolution gronde. On affirme qu'il aurait accompagné la princesse à Coblence après lui avoir procuré des vêtements de paysanne. Le château de Créminil est alors déclaré acquis à la nation et vendu comme bien national.

 

Le 8 août 1794, château, ferme et terres sont adjugés à Charles-Robert Cabaret qui les cède aussitôt à Louis Robichez. La propriété, restée dans sa descendance, est vendue en 1979 par Madame Lhéritier à Monsieur Michel Duru qui depuis s'attache à la restaurer.
 


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